RDC: Crise sécuritaire dans l’Est, la thérapie de choc de Fiyou Ndondoboni après l’accord de Paix de Washington DC

La crise sécuritaire qui secoue la partie Est de la République démocratique du Congo, caractérisée par les actes de violences perpétrés par les rebelles de l’AFC/M23, soutenus par le Rwanda, ne laisse personne indifférente, surtout avec la chute annoncée d’Uvira, dans le Sud-Kivu, au lendemain de la signature d’un accord de Paix à Washington DC.

Se confiant à la presse mercredi 10 décembre à Kinshasa, le président du Parti Orange, Fiyou Ndondoboni, qui a salué la signature de l’accord de Washington, le 04 décembre 2025, n’est pas allé par quatre chemins pour démontrer que seul l’accord de Washington ne suffit pas pour résoudre la crise. Il propose, par ailleurs, une thérapie de choc, fondée sur le renforcement de capacités des forces armées de la RDC et la cohésion nationale à travers un dialogue national inclusif.

« L’accord a été signé, quand on signe un accord, c’est un pas, mais tout dépend maintenant de la manière dont on négocie le contenu. Pour nous, en ce qui concerne le Congo, le point non négociable, c’était la question de la souveraineté et de l’intégrité territoriale. Je pense que ce point là, non négociable, est un acquis. Au stade actuel, pour que cet accord soit rendu effectif, il y a deux choses indispensables, parce-que l’accord ce ne sont que les écrits mais pour que les écrits soient respectés, il n’y a que deux choses indispensables que nous devons faire et je lance un appel à l’autorité politique à veiller à ce que la chose se fasse », a déclaré Fiyou Ndondoboni.

La thérapie à deux facettes préconisée

Pour le président du Parti Orange, au delà de l’Accord de Paix qui a déjà été signé, deux éléments indissociables doivent être pris en compte par le Président de la République pour permettre au pays d’avancer. Le premier élément qu’il développe est la capacité de nuisance de l’armée nationale.

« Un, c’est la question de notre armée. Les relations entre les Etats, ce sont les relations qui se basent sur les intérêts donc ce ne sont pas les beaux yeux, ce sont les intérêts. Donc chacun est en train de poursuivre ses intérêts et pour que ses intérêts ne soient pas dérangés, on doit avoir peur de vous, la peur c’est au travers de l’armée. Ce que vous avez comme armée, sa capacité de vous protéger et de nuire aux autres. Donc si les gens ont peur de vous, à cette dimension, ils ne peuvent pas se permettre de venir vous déranger. Notre armée demeure un levier important qui puisse faire à ce que nos ennemis ou ceux qui veulent nos richesses, ne puissent pas se permettre tout ce qu’ils sont en train de faire », a fait savoir Fiyou Ndondoboni.

La deuxième chose, poursuit-il, « c’est la question de la cohésion nationale. La cohésion nationale c’est le dialogue en interne. Il faut qu’on soit un bloc, que nous parlions le même langage, que nous défendions la même cause ».

Au sujet notamment de cette cohésion nationale, le Président du Parti Orange évoque les deux blocs en présence, qui peuvent faire changer la donne au pays.

« Il y a des congolais qui ont réagi, qui ont exprimé leurs frustrations en prenant les armes, qui font la lutte en prenant les armes. Chose que nous condamnons, nous ne soutenons pas la prise des armes parce-que nous avons la Constitution qui nous donne toute la procédure qui nous permet à ce qu’on revendique des problèmes politiques et autres. Donc c’est quand même un groupe qui est là. La réalité est que sur le terrain, il y a des morts…Le Chef de l’Etat a accepté la négociation avec ce groupe avec ce qui passe à Doha. Donc il ne faut pas voir seulement ce groupe là (Opposition armée) qui discute: le M23/AFC mais il faut aussi voir d’une manière globale, les groupes (ndlr d’autres groupes armés) sont nombreux, il faut considérer la question d’une manière globale pour que ça soit résolue une fois pour toute. Si non, un autre groupe, va se révolter, il sera encore pris par une autre force extérieure et va recommencer le même cycle », a-t-il souligné.

Le deuxième bloc, selon Fiyou Ndondoboni, est constitué des acteurs politiques, de la société civile et des acteurs religieux qui n’ont pas pris les armes.

« Il y a un autre groupe de personnes qui existe, qui n’a pas pris les armes. Ces gens également, doivent être considérés. L’opposition politique qui est en interne et qui n’a pas pris les armes. Il y a la société civile, les églises et autres, c’est une réalité, ce sont les forces en présence, qu’il faut considérer. Donc il y a même au sein de la classe politique toute entière, il y a des personnes qui ont à dire. Donc, il faut une cohésion nationale. Ce groupe là, doit aussi avoir un cadre de concertation qui permet à ce que la frustration n’existe plus », a fait remarquer Fiyou Ndondoboni qui indique par ailleurs que seuls ces deux blocs peuvent aller en négociations pour dégager un compromis de paix durable en RDC.

« Le pays est en train d’être détruit. La population se meurt tout le jour. Il faudra que le leadership politique, nous puissions nous lever, nous surpasser, en levant nos égos, pour voir l’intérêt de la République, pour voir l’intérêt de la Nation. Si nous ne le faisons pas, ça sera dommage et les générations futures vont sévèrement nous juger, parce-que nous allons leur léguer un pays à problème. Mais nous voulons léguer un Congo uni, indivisible, parce-qu’à l’indépendance, nos pères de l’indépendance nous ont légué un Congo uni. Que chacun de nous se lève et se sente interpellé de manière à ce que nous puissions aller dans la voie du dialogue pour bâtir le véritable Congo de nos enfants », a conclu Fiyou Ndondoboni.

T Ngandu

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